Il y a dix ans, je n’aurais jamais imaginé écrire un article sur le camping.
Et encore moins dire que j’aime ça.
À l’époque, dormir dehors, ne pas avoir de vraie salle de bain, entendre des bruits inconnus pendant la nuit… ce n’était clairement pas mon idée du voyage.
Et puis j’ai fait un road trip de trois mois en Asie.
Après la Corée du Sud, je suis partie en Malaisie. Je voulais absolument découvrir le Taman Negara, cette immense forêt tropicale où l’on a vraiment l’impression d’être au milieu de nulle part.
J’y ai passé deux jours à marcher dans la jungle, à explorer et à découvrir une nature complètement différente de celle à laquelle j’étais habituée.
Et c’est là que j’ai fait mon premier « camping ».
Entre guillemets parce que je n’avais ni tente, ni sac de couchage.
J’ai dormi dans une grotte.
En pleine jungle.
Oui.
Avec le recul, je me demande encore comment j’ai accepté cette idée.
J’ai adoré l’expérience et, en même temps, j’ai probablement eu peur la moitié du temps. La nuit, chaque bruit devient suspect. Un craquement ? Un animal. Un mouvement dans les feuilles ? Certainement un animal. Bref, j’avais beaucoup d’imagination.
Mais malgré tout ça, j’ai adoré être là.
Je crois que c’est à ce moment-là que quelque chose a changé.
Depuis, j’aime vraiment ça
Ce que j’aime dans le camping, ce n’est finalement pas tellement la tente.
C’est tout ce qu’il y a autour.
Passer la journée dehors. Marcher pendant des heures. Préparer un café le matin alors qu’il fait encore un peu frais. Faire à manger avec presque rien. S’asseoir quelque part et ne rien avoir de particulier à faire.
Et surtout, ne pas être constamment sollicitée.
Pas de bruit de voiture, pas de notifications, pas besoin de courir quelque part.
Juste dehors.
Je trouve ça assez fou de voir à quel point on peut être heureux avec finalement très peu de choses.
Un bon repas, un feu, un livre, un café et un joli endroit où dormir.
Ça me suffit largement.
Le meilleur moment : le soir
Je crois que c’est ce que je préfère.
La journée se termine, on commence à avoir un peu froid, on prépare à manger et puis la nuit tombe.
Et là, on lève les yeux.
Quand on vit en ville, on oublie presque à quoi ressemble vraiment un ciel étoilé.
Loin des lumières, c’est complètement différent.
Je peux rester longtemps à regarder le ciel sans forcément penser à grand-chose.
Et c’est aussi là que le camping prend une autre dimension.
Être dehors, entourée par cette immensité, me fait beaucoup réfléchir à la création de Dieu.
Dans le Coran, la nature revient souvent comme quelque chose à observer et sur lequel méditer.
« En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour ceux qui réfléchissent. »
Coran, 3:190
Je comprends assez bien ce verset dans ces moments-là.
Il suffit parfois de s’arrêter quelques minutes et de regarder autour de soi.
Évidemment, tout n’est pas idyllique
Parce que je ne vais pas vous vendre le camping comme une expérience parfaite.
Il peut faire froid.
Il peut pleuvoir.
La tente peut être beaucoup moins confortable que prévu.
Et il y a toujours un moment où tu te demandes pourquoi tu n’as pas simplement réservé un hôtel.
Mais c’est aussi ça que j’aime.
On fait avec.
On apprend à prévoir un peu mieux la prochaine fois.
On finit par rire de certaines galères.
Et surtout, on apprécie encore plus les choses simples.
Après une nuit dehors, une douche chaude peut devenir le meilleur moment de la journée.
Un vrai lit ? Un bonheur.
Un café tranquille le matin ? Presque un luxe.
Je crois que c’est pour ça que je continue
Le camping m’a surtout appris que je n’avais pas besoin de grand-chose pour passer une bonne journée.
Je peux partir avec peu, marcher, trouver un endroit où poser ma tente et être parfaitement bien.
C’est peut-être ça qui me plaît autant.
Pendant quelques jours, on revient à quelque chose de très simple.
On mange quand on a faim.
On dort quand on est fatigué.
On marche.
On regarde le ciel.
Et on profite.
Il y a dix ans, je n’aurais jamais pensé devenir cette personne qui peut être contente de dormir sous une tente, loin de tout.
Et pourtant, me voilà.
Finalement, on ne sait jamais vraiment ce qu’on va finir par aimer.
Parfois, il suffit juste d’une grotte au milieu de la jungle pour commencer à changer d’avis. Je vous raconterai cette petite aventure en Malaisie dans un autre article
Hana.Â
